

Dernière mise à jour
09/10/2008


Musique profane
Roland Auzet
Katarakt
Johannes Brahms
Zigeunerlieder
Régis Campo
NOVA
Arthur Honegger
Jeanne d'Arc au Bûcher
Thierry Pécou
Le lointain et étrange voyage
Henry Purcell
Didon et Enée
Franz Schubert
Oeuvres romantiques
Robert Schumann
Oeuvres romantiques
Musique sacrée
Gabriel Fauré
Requiem - Pavane - Cantique de Jean Racine
Jean Françaix
L'Apocalypse selon Saint Jean
Salve Regina
du Moyen-Âge à nos jours
Le Salve Regina est l'un des cinq antiphonaires consacrés à la Vierge Marie dans la religion catholique : le Magnificat, chant de joie à Marie de l'Annonciation - Mon âme magnifie le Seigneur ; le Stabat Mater, chant de détresse de la Mère au pied de son Fils crucifié - Debout, la Mère de douleur, se tenait en larmes près de la Croix ; le Regina Caeli, chant d'espérance en la résurrection du Fils - Reine du Ciel, réjouissez-vous ; l'Ave Maria, prière des chrétiens à leur Mère - Je vous salue Marie ; le Salve Regina, salutation à la Vierge - Salut, ô Reine de Miséricorde.
Cette antienne, en premier mode ou mode de ré, est chantée notamment à la fin de l'office de Complies. Sa ligne mélodique se singularise par le
grand nombre de disjonctions qu'elle renferme, ainsi que par son ambitus très étendu (une 11ème, du la grave au ré aigu).
Le motif initial descendant qui orne le mot Salve pourrait être la traduction musicale d'un geste de salutation. Quant à son origine, elle remonte au Moyen-Age : plusieurs noms d'auteurs sont avancés, dont aucun ne s'impose avec certifude : entre autres, Hennannus Contractus, à qui on attribue également l'Alma Redemptoris Mater. L'accent de tendresse imprégnant les trois acclamations finales : O Clemens, O pia, O dulcis, serait une adjonction postérieure de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), fondateur de l'ordre des cisterciens.
C'est au service de la musique vocale que les plus grands compositeurs ont servi ce superbe texte, pour choeur à plusieurs voix ou pour voix solistes, ils ont été nombreux à être inspirés par cette antienne. Citons par ordre chronologique : à la Renaissance, Josquin Des Prez, Ockeghem et Monteverdi ; à l'époque baroque, Scarlatti en Italie et Lully à la cour de Louis XIV ; à l'époque classique, Haydn qui utilisera le choeur pour répondre à la voix de soprano soliste, et son élève Neukomm qui l'harmonisera pour choeur de femmes ; les romantiques se pencheront dès leur plus jeune âge sur cette pièce, Schubert à 17 ans produit une version pour choeur à 4 voix mixtes, et Mendelssohn opte dès 15 ans pour une version pour soliste. Rossini recherche quant à lui la vocalité, au contraire de Liszt qui, un an avant sa mort, accentue le côté spirituel de la prière en confiant au choeur sans accompagnement, la lourde tâche de traduire sa foi. Au XXème siècle enfin, Poulenc donnera son interprétation musicale de ce merveilleux texte.
Le Salve Regina a été maintes fois paraphrasé aussi par les organistes du XVIème siècle pour les besoins du service liturgique. L'emprunt peut se limiter au motif initial comme dans le Tiento du 1er ton d'A.de Cabezon ou le Salve de S. Aguilera de Heredia. Citons également, à l'époque moderne, le Carillon-paraphrase figurant dans l'Office n°35 (Assomption) de l'Orgue mystique de Tournemire, ainsi que les pharaphrases chorales de Falla (Atlantida) et de Langlais (Missa Salve Regina - 1954).
Il existe une autre mélodie du Salve Regina en 5ème mode, quasi syllabique. C'est une composition en plain-chant musical, apparue vers 1600 à l'Oratoire de Paris.
TRADUCTION
Salut à Toi, Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut à Toi. A Toi nous crions, nous, exilés, fils d'Eve. Vers Toi
nous soupirons, gémissant et leurrant dans cette vallée de larmes. Ah, notre Avocate, tourne vers nous tes yeux, ces yeux pleins de miséricorde. Et Jésus,
fruit de ton sein, fais que nous le contemplions au terme de notre exil. O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie.
Valérie Josse. Sep 2003

Jean Françaix est né le 23 mai 1912 au Mans, d'une famille de musiciens. Son père Alfred Françaix, compositeur et pianiste, dirigea pendant seize
ans le conservatoire du Mans où sa mère donnait des leçons de chant. Après des études chez son père, il partit pour Paris afin d'y étudier le piano et
la composition. Il fut l'élève de Nadia Boulanger, professeur de tant de compositeurs français et américains. A 18 ans il reçut le premier prix de piano
du Conservatoire de Paris. Huit ans plus tard, son Concertino pour piano et orchestre, exécuté à l'occasion du Festival de Musique de Chambre de
Baden-Baden, lui valut son premier succès notable de compositeur. "Ce fut un triomphe tel qu'on le connaît rarement au cours d'une pareille réunion de
spécialistes", rapporta Heinrich Strobel. "Après tant de musique problématique ou inauthentique, ce Concertino fut comme de l'eau fraîche qui jaillit de
la source avec la spontanéité gracieuse de tout ce qui est naturel - et en même temps, comme la création d'un artiste doué d'une lucidité et d'une
conscience rares de nos jours."
Jean Françaix a suivi la voie dans laquelle il s'était engagé avec ce Concertino gracieux et léger au rythme piquant, plein d'esprit
et d'ingéniosité, dans ses oeuvres ultérieures : ballets et opéras, concertos et oeuvres chorales, musique de chambre, chansons et oeuvres pour piano.
Ne citons en exemple que les ballets Les Demoiselles de la Nuit (Anouilh), Le Roi nu (Lifar), Les Malheurs de Sophie et l'opéra de
chambre Le Diable Boiteux.
Toutefois, Jean Françaix n'est pas toujours ce causeur aimable et brillant qui, d'un sourire ironique, couvre ses pensées et ses sentiments. Il a réalisé son but de "faire de la musique sérieuse sans gravité" (d'après une expression de lui-même) dans son oratoire L'Apocalypse selon Saint Jean qui témoigne d'un profond sentiment religieux, et dans son opéra La Princesse de Clèves (d'après le roman de Madame de la Fayette) où se présentent toutes les particularités de son style, qu'il a su perfectionner à l'extrême. C'est l'oeuvre d'un grand musicien qui aime Bach, Mozart et Schubert et qui, par sa culture et sa conception de l'art, est frère de Debussy et de Ravel.
Jean Françaix est mort à Paris en 1997.
Originaire de Pamiers dans l'Ariège, Gabriel Fauré quitte sa famille à l'âge de 9 ans pour entrer à l'Ecole Niedermeyer de Paris qui forme des
organistes et des chefs de choeur. Il y étudie pendant onze ans. En 1871, il devient organiste titulaire à l'église Saint-Sulpice, puis en 1877 chef de
choeur à celle de La Madeleine, succédant ainsi à Saint-Saëns. A la même époque, il voyage en Allemagne où il rencontre Liszt et assiste aux représentations
des opéras de Wagner, qu'il admire mais dont il sera un des rares compositeurs à ne pas être influencé par sa musique. En 1896, il est nommé organiste en
chef à La Madeleine et remplace Jules Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves : Maurice Ravel, Georges Enesco,
Florent Schmitt et Nadia Boulanger. Il est nommé directeur du Conservatoire de Paris en 1905, fonction qu'il quittera en 1920. Atteint de surdité
progressive, ses compositions se font plus rares à partir des années 1910. Lorsqu'il meurt en 1924, des funérailles nationales lui sont organisées à La
Madeleine.
Dans l'immense production de Requiem qui jalonne les différentes périodes de l'histoire de la musique, celui de Fauré tient une place toute particulière. A ceux qui l'interrogeaient sur la genèse de cette oeuvre, Fauré aimait répondre : "mon Requiem a été composé pour rien ... pour le plaisir, si j'ose dire !". En effet, par rapport aux autres Requiem, celui-ci ne véhicule pas d'idées sombres sur la mort ou la séparation mais préfère la mettre en scène comme une délivrance heureuse.
Portrait peint par John Singer Sargent (1889)
Né en 1968 à Marseille, Régis Campo fait ses études d'écriture et de composition auprès de Georges Boeuf au conservatoire de Marseille, puis poursuit ses études au CNSM de Paris avec Gérard Grisey où il obtient un Premier Prix de Composition en 1995. Il rencontre alors de grands compositeurs comme Edison Denisov et Henri Dutilleux.
Son style, souvent appelé "ludique", privilégie une grande vitalité des tempos. Jean-Sébastien Bach, Ludwig Van Beethoven ou encore Gustav Mahler
et Olivier Messiaen font partie des maîtres les plus admirés du compositeur.

Avec son oeuvre Commedia, il reçoit en 1996 le prix de la Fondation Gaudeamus et la même année, trois prix au concours Henri Dutilleux avec son quintette de cuivres Exsultate Jubilate. En 1999, la Sacem lui décerne le Prix Hervé Dugardin et l'Académie des Beaux-Arts (Institut de France) le Prix Pierre Cardin - deux prix attribués au parcours remarqué d'un jeune compositeur.
De 1999 à 2001, Régis Campo a été pensionnaire à l'Académie de France à Rome (Villa Médicis)
Né de parents zurichois qui favorisèrent sa vocation musicale, Honegger (1892 - 1955) reçut de son origine alémanique l'empreinte protestante, mais devint
assez rapidement français de coeur et d'adoption. Il acheva d'ailleurs sa formation à Paris. C'est au Conservatoire qu'il rencontre Darius Milhaud pour qui
son amitié sera constante. Peu après il adhèrera au fameux groupe des Six (Auric, Durey, Milhaud, Poulenc, Taillefer), tout en restant étranger aux principes
esthétiques de ce mouvement : son esprit d'indépendance se manifestera dès le Roi David (1921) - ouvrage qui, avec Pacific 231, établit sa
réputation internationale
Ainsi demeurera Honegger : ennemi de tout système, se voulant pur artisan et musicien populaire, vouant un culte à Bach et à Beethoven, et cultivant volontiers les formes classiques. Son écriture, d'un lyrisme vigoureux, adopte des polyphonies complexes et tend vers un dramatisme qui fait regretter que Honegger n'ait pas composé véritablement d'opéras, si ce n'est la brève Antigone. De tous les compositeurs de la première moitié du XXe siècle, aucun n'a contribué de manière plus éminente à la renaissance de l'oratorio que ce musicien dont les grandes oeuvres chorales constituent, à côté des symphonies, la part la plus importante d'une oeuvre dépassant largement les deux cents numéros d'opus. Contrairement à ses camarades du groupe des Six, Poulenc et Milhaud, Honegger ne nous laisse aucune oeuvre pour choeur a capella.
Jeanne d'Arc au Bûcher est la première oeuvre écrite en commun avec Paul Claudel (1868 - 1955) : cette rencontre devait s'avérer capitale,
à la fois pour la carrière publique du compositeur que pour sa santé morale, le triomphe de cette oeuvre le sortant d'un marasme dépressif. L'intuition
extraordinaire de Claudel a été celle de la chronologie à rebours, du renversement du temps jusqu'à l'instant primordial où présents terrestre et spirituel
vont se rejoindre dans le feu dévorant, en cet instant suprême où ceux qui vont mourir voient se déployer tous les événements de leur vie, à qui sa
conclusion imminente confère un sens définitif. Ce livret est plus qu'un prodigieux support pour la musique, c'est un véritable scénario complet, au sens
cinématographique, unique en son genre. Aussi comprend-on l'enthousiasme avec lequel le compositeur se mit à la tâche. D'une modestie excessive, il devait
déclarer par la suite : "L'apport de Claudel a été si grand que je ne me reconnais pas comme l'auteur véritable, mais comme un simple collaborateur.
Encore fallait-il un compositeur aussi réceptif que Honegger, aussi accordé à la sensibilité du poète, pour que cette extraordinaire osmose s'accomplisse.
Né en 1965 à Paris, il reçoit, parallèlement à ses études de piano au Conservatoire National de Région de Paris, l'enseignement de l'harmonie et
du contrepoint. Il entre dans la classe de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
De nombreux diplômes suivront, dont le Premier Prix d'orchestration et de composition du CNSM de Paris en 1987 et 1988, le Prix Georges Enesco
de la SACEM, le Prix Pierre Cardin de l'Académie des Beaux-Arts et en 1999 le Prix Nouveau Talent de la SAC.
Ses oeuvres sont jouées dans le cadre de concerts et de festivals renommés (festivals Présences à Radio-France, Voix Nouvelles à Royaumont, Gaudeamus Music-Week à Amsterdam, Automne de Moscou, New Music Concerts Toronto, Foro Internacional de Musica Nueva de Mexico, Festival d'Ambronay, Tampere Choir Festival (Finlande), Jeux d'orgues en Yvelines, Octobre en Normandie, etc ...) et font l'objet de commandes d'institutions et d'interprètes prestigieux.
Thierry Pécou part fréquemment pour de longues tournées à travers le monde. Ces voyages sont à la source de son oeuvre : il s'approprie les lieux qu'il explore et, comme un filtre, les fond, les réinvente à travers son propre univers.
Né et mort à Vienne, Franz Schubert (1797 - 1828) a passé l'essentiel de sa courte existence dans cette ville. Son père, instituteur, lui
enseigne le violon et son frère le piano. De 1808 à 1813, il est chanteur dans le choeur de la chapelle impériale de Vienne et étudie à l'école de
formation des chanteurs de la chapelle de la Cour où il devient ainsi l'élève d'Antonio Salieri, directeur de la musique à la Cour. Pendant cette période,
il commence à composer, d'abord des pièces pour piano, des quatuors à cordes et des lieder, puis sa première symphonie en 1813. Assistant de son père
jusqu'en 1818, il se rend en Hongrie à deux reprises pour devenir le précepteur des enfants du Comte Esterhazy. Abandonnant définitivement le métier
d'instituteur, il revient à Vienne pour se consacrer entièrement à la composition. Sans grandes ressources financières, vivant la plupart du temps chez
des amis, il y organise des rencontres musicales, les « schubertiades », au cours desquelles ses lieder connaissent leur premier succès. En 1822, il
est atteint par la syphilis et son état de santé ne cesse alors de se dégrader jusqu'à sa mort en 1828. Conformément à sa demande, il est enterré auprès
de Beethoven pour lequel il a éprouvé toute sa vie respect et admiration.
Portrait peint par Wilhelm August Rieder (1875)
Né à Hambourg en 1833, Johannes Brahms commence à étudier le piano à l'âge de 7 ans. Issu d'un milieu pauvre, il doit gagner sa vie dès l'âge de
13 ans en jouant dans les tavernes du port de Hambourg. En 1853, il part pour une tournée de concerts avec le violoniste hongrois Remenyi et fait alors
la connaissance d'un autre violoniste, le grand Joseph Joachim. Celui-ci le présente à Liszt et surtout à Robert et Clara Schumann avec lesquels il se
lie d'amitié et chez lesquels il reste pendant trois mois, recevant d'inestimables conseils. Un an plus tard, il revient s'installer à Düsseldorf, à
l'annonce des troubles mentaux dont souffre Robert Schumann. Il y demeure deux ans, jusqu'à la mort de son ami, prodiguant à sa femme Clara le réconfort
d'une affection fraternelle et peut-être amoureuse, affection réciproque fidèlement entretenue jusqu'à la mort de la célèbre pianiste.
De 1857 à 1859, il devient chef de choeur à la Cour princière de Detmold où la musique vocale et chorale prend l'importance qu'elle aura par la suite dans son oeuvre. En 1859, à Hambourg, il fonde un choeur de femmes pour lequel il compose plusieurs oeuvres. Il rejoint Vienne en 1862 pour poursuivre une carrière de chef d'orchestre puis se consacrer entièrement à la composition à partir de 1875. Il meurt en 1897 et est enterré au cimetière central de Vienne dans le « quartier » des grands musiciens.
La vie de Robert Schumann est à l'égal de son oeuvre, dense et attachante. Issu d'un milieu bourgeois modeste mais cultivé, Robert Schumann est
très vite passionné par la musique et la littérature. A 18 ans, il est envoyé à l'université de Leipzig pour y étudier le droit. Il néglige ses études
qui ne l'intéressent pas et commence à apprendre le piano avec Friedrich Wieck, professeur éminent et père de Clara, enfant prodige alors âgée de 9 ans.
En 1830, il quitte l'université et continue l'étude du piano dans la perspective de faire une carrière de virtuose. Trouvant ses progrès trop lents,
il invente un appareil pour travailler l'indépendance des doigts qui lui fait perdre malheureusement l'usage du quatrième doigt de la main droite. Cet
accident stupide lui retire tout espoir de devenir pianiste. Il se consacre désormais à la composition et à la critique musicale et fonde avec quelques
amis une revue, la « Neue Zeitschrift für Musik ».
En 1835, il se lie d'amitié avec Mendelssohn qui vient d'arriver à Leipzig pour y fonder un conservatoire. Amoureux de Clara depuis 1835, il se marie enfin avec elle en 1840 au terme d'un procès gagné par les deux futurs époux contre le père de Clara qui s'opposait à cette union. Il occupe ensuite plusieurs postes (professeur de piano et de composition à Leipzig, directeur des concerts à Düsseldorf) mais mauvais pédagogue et mauvais chef d'orchestre, il ne réussit pas à s'imposer et doit démissionner de ces différents postes, alors qu'il n'a jamais été aussi populaire en tant que compositeur.
En 1854, Schumann est repris par des troubles neuropsychiatriques dont il souffre depuis plusieurs années : nombreux épisodes dépressifs, angoisses, troubles auditifs, hallucinations. Le 27 février 1854, interrompant brusquement son travail, il va se jeter dans le Rhin. Sauvé par des pêcheurs, il est interné dans un asile près de Bonn. Il recevra des visites de Brahms et du violoniste Joachim mais ne reverra seulement Clara qu'à partir de juillet 1856. Il meurt le 29 juillet 1856, veillé par Clara et Brahms.
Il appartenait à une famille de musiciens : père, oncle, deux frères, un fils, un petit-fils. Son oncle Thomas (?-1682), Gentleman of the Chapel Royal, le fit entrer très jeune dans le choeur des enfants de la chapelle royale que dirigeait H. Cooke. Celui-ci fut sans doute le premier maître de Purcell. En 1672, P. Humfrey succédait au «Captain Cooke» et se proposait d'initier ses élèves aux nouveaux styles français et italien. À sa mue, Purcell devient l'élève de Blow.
Ces trois excellents maîtres auront su développer ses dons étonnamment précoces : il écrit ses premières oeuvres dès l'âge de onze ans. En 1679, il est nommé «compositeur du roi pour les violons» et remplace Blow à l'orgue de l'Abbaye de Westminster (Blow reprendra son poste à la mort de son élève). En 1682, il est organiste de la Chapel Royal. Il compose avec une facilité prodigieuse un nombre énorme d'anthems, d'odes de circonstance, de musiques de scène ; mais sa première oeuvre publiée [1683] est le recueil de 12 sonates à 3, qui trahissent l'influence de l'op.5 de Vitali [1669] et dépassent leur modèle.
En 1689, Dido and Aeneas, le chef-d'oeuvre de Purcell, est représenté par les pensionnaires d'un collège de jeunes filles de Chelsea,
auxquelles l'oeuvre était destinée. C'est un des sommets de la musique dramatique, et plus on le connaît, plus on s'émerveille de la perfection des
moindres détails.
On ignore de quoi Purcell est mort à l'âge de trente-six ans. Il fut enterré le 26 novembre au pied de «son» orgue à l'abbaye de Westminster et, pendant la cérémonie funèbre, on joua le magnifique anthem qu'il avait composé pour les obsèques de la reine Mary. De ses six enfants, trois seulement lui survécurent.
Westminster 10 septembre 1659 - Londres 21 novembre 1695
Né en 1964, Roland Auzet étudie la composition avec Georges Boeuf et la percussion avec Gérard Bazus au Conservatoire national de région de
Marseille, où il obtient ses diplômes de fin d'études. Plus tard, il reçoit un premier prix à l'unanimité ainsi qu'un prix de virtuosité dans la classe de
Gaston Sylvestre au Conservatoire de Rueil-Malmaison. Il s'est vu décerner le premier prix d'interprétation aux Rencontres internationales de musique
contemporaine de Darmstadt en 1990, et il est également lauréat de la fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la vocation 1991. Il se produit en récital
et en musique de chambre en France et à l'étranger, et crée de nombreuses pièces avec notamment l'ensemble 2e2m et l'Ircam. En 1991, il interprète le
premier récital de percussion à la salle Pleyel à Paris. En 1992, avec la Fondation Crédit Lyonnais, il réalise aux côtés de Iannis Xenakis un drame
musical Histoire d'un Faust.
Soucieux de sensibiliser le public aux musiques d'aujourd'hui et d'aborder les thèmes fondamentaux de notre existence, il réalise en collaboration
avec les « artistes de l'image » un spectacle autour des personnages des Niebelungen. En 1996, il suit le Cursus de composition et d'informatique musicale
de l'Ircam débouchant sur la réalisation d'un projet personnel. Il débute également la création d'un Théâtre musical itinérant sous le nom du Cirque du
Tambour. Ce projet constitue une étape capitale dans la vie de l'artiste, dont la volonté est de faire voyager la pensée musicale contemporaine, de lui
donner une couleur nomade et surtout une vie populaire, et de renouer avec la tradition de l'artiste. Sa pièce Les Chemises de nuit n'ont pas de
poches fut présentée au festival Présence 97 de Radio-France. En 1997, la commission de la République française pour l'éducation, la science et la
culture présente Roland Auzet au prix du conseil international de la musique de l'UNESCO.